Perché à 1450 mètres d’altitude en Haute-Savoie, le Plateau des Glières déroule ses vastes alpages entre falaises calcaires et forêts d’épicéas. Ce sanctuaire naturel porte en lui une histoire poignante, celle des 465 maquisards qui, en 1944, choisirent ce lieu isolé pour recevoir des parachutages d’armes et résister à l’occupant nazi. Leur devise “Vivre libre ou mourir” résonne encore dans ce paysage grandiose où nature sauvage et mémoire historique s’entrelacent. Comment ce plateau alpin est-il devenu à la fois un symbole de liberté et un havre de beauté préservée ?
Un plateau entre histoire et nature : le double héritage des Glières
Si le Plateau des Glières figure aujourd’hui parmi les sites les plus émouvants de France, c’est d’abord grâce à son passé résistant. En février 1944, sous le commandement du lieutenant Tom Morel, puis de Maurice Anjot après la mort du premier, plusieurs centaines de maquisards s’y regroupent pour recevoir des parachutages alliés.
L’attaque conjointe des forces de Vichy et de l’armée allemande en mars 1944 contraindra les résistants à évacuer le plateau. Cet épisode, bien que militairement un échec, deviendra un symbole puissant de la lutte pour la liberté. De nombreux maquisards y laisseront leur vie, mais leur combat restera gravé dans la mémoire nationale.
Le Monument National à la Résistance, œuvre abstraite d’Émile Gilioli inaugurée en 1973 par André Malraux, incarne aujourd’hui ce sacrifice. Cette impressionnante sculpture en béton armé représente un grand V de la victoire à l’aile brisée, surmonté d’un disque solaire de 80 tonnes symbolisant l’équilibre fragile de la liberté.
Mais les Glières, c’est aussi un joyau naturel préservé : un val perché calcaire entouré de sommets culminant à 1800 mètres. Son relief particulier offre de vastes prairies alpines, tantôt baignées de lumière, tantôt nimbées de brume matinale.
L’expérience Glières : entre randonnée contemplative et devoir de mémoire
À la découverte des sentiers de la liberté
Pour saisir l’essence des Glières, rien ne vaut une randonnée sur ses sentiers historiques. Le circuit classique de 7,8 km autour du plateau offre un parcours accessible, avec un dénivelé cumulé de 390 mètres. Au fil du chemin, les panneaux explicatifs racontent l’histoire des résistants qui vécurent ici.
Pour les marcheurs plus aguerris, le sentier des Espagnols et celui des “Trois Têtes” offrent des passages plus techniques et des panoramas exceptionnels sur la chaîne du Mont-Blanc et le bassin Lémanique. L’ascension vers le Chalet des Auges (1782m) récompense l’effort par une vue saisissante.
En hiver, le plateau se transforme en l’un des plus beaux domaines nordiques de Haute-Savoie, avec plus de 30 km de pistes de ski de fond.
Immersion dans l’histoire vivante
La visite du site “Mémoire du Maquis” s’impose pour comprendre la dimension historique du lieu. Le film “Vivre libre ou mourir” (52 min) retrace avec émotion l’épopée des maquisards. La nécropole de Morette, à quelques kilomètres, abrite les tombes de nombreux résistants tombés ici.
Ne manquez pas la Chapelle Notre-Dame-des-Neiges, modeste édifice dont la simplicité contraste avec la monumentalité de la sculpture de Gilioli. Ce dialogue entre patrimoine traditionnel et art contemporain reflète les multiples facettes de l’identité du plateau.
Conseils pratiques pour une visite réussie
La période idéale s’étend d’avril à septembre pour la randonnée estivale. L’accès se fait principalement par Thorens-Glières (D55) ou La Balme-de-Thuy. Plusieurs parkings permettent de stationner au Col des Glières.
Pour l’hébergement, quelques chalets d’alpage authentiques et refuges parsèment le plateau. Le restaurant du Col des Glières propose une cuisine savoyarde généreuse – idéale après une journée de marche.
N’oubliez pas chaussures de randonnée et vêtements adaptés, même en été. Les conditions météorologiques peuvent changer rapidement en montagne.
FAQ : tout savoir sur le Plateau des Glières
Quelle est la meilleure période pour visiter le Plateau des Glières ?
Pour la randonnée, privilégiez mai à septembre. Les alpages sont fleuris en juin-juillet. Pour les activités nordiques (ski de fond, raquettes), optez pour décembre à mars, avec un enneigement généralement optimal.
Le site est-il accessible aux familles avec enfants ?
Oui, le sentier principal autour du plateau convient aux familles. Certains passages plus techniques comme le Sentier des Espagnols sont déconseillés aux jeunes enfants. Des animations pédagogiques sont régulièrement organisées pour sensibiliser les plus jeunes à l’histoire de la Résistance.
Peut-on camper sur le Plateau des Glières ?
Le bivouac temporaire (du coucher au lever du soleil) est toléré, mais le camping sauvage prolongé est interdit pour préserver ce site naturel et historique sensible. Des aires de camping officielles existent dans les villages environnants.









