Un transit qui se bloque, des jours sans aller à la selle, une sensation de ventre lourd et ballonné : la constipation touche près d’un Français sur cinq à un moment de sa vie. Bonne nouvelle, dans la grande majorité des cas, elle se résout avec des ajustements simples. Voici ce qu’il faut faire, dans quel ordre et quand s’inquiéter vraiment.
Reconnaître la constipation et comprendre ses causes
On parle de constipation lorsque les selles sont moins de trois fois par semaine, difficiles à évacuer, dures ou fragmentées. Ce critère médical est important car beaucoup de personnes se croient constipées sans l’être, et inversement. La définition ne repose pas uniquement sur la fréquence : la qualité de l’évacuation compte autant.
Les causes les plus fréquentes chez l’adulte sont :
- Une alimentation pauvre en fibres : trop de produits ultra-transformés, pas assez de légumes ni de céréales complètes.
- Un apport insuffisant en eau : le côlon absorbe les liquides, des selles sèches et dures en sont la conséquence directe.
- La sédentarité : le manque de mouvement ralentit le péristaltisme intestinal.
- Le stress et les facteurs psychologiques : le cerveau et l’intestin communiquent en permanence via l’axe gut-brain.
- Les changements de routine : un voyage, le Ramadan avec ses horaires alimentaires décalés, une hospitalisation ou un séjour en altitude peuvent suffire à dérégler le transit.
La constipation peut aussi être le signe d’un médicament en cause (antidouleurs opioïdes, certains antidépresseurs, suppléments de fer) ou d’une pathologie sous-jacente. Dans ce cas, elle devient chronique et nécessite un bilan médical.
Les solutions naturelles qui font vraiment la différence
Avant tout traitement médicamenteux, plusieurs approches naturelles donnent de bons résultats, à condition d’être appliquées avec régularité.
Augmenter les fibres progressivement
Les fibres retiennent l’eau dans l’intestin et augmentent le volume des selles, ce qui stimule le transit. Privilégiez les pruneaux (riches en sorbitol naturel), les légumineuses, le son d’avoine et les graines de lin ou de chia. Attention : une augmentation trop brutale provoque des ballonnements. Montez la dose sur deux à trois semaines.
S’hydrater correctement
Boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour reste la base. Certaines eaux minérales riches en magnésium (Hépar, Contrex) ont un effet laxatif doux reconnu. Un verre d’eau tiède à jeun le matin peut suffire à déclencher le réflexe gastro-colique chez beaucoup de personnes.
Bouger davantage
Trente minutes de marche rapide par jour accélèrent significativement le transit. En voyage, quand la constipation survient souvent par manque d’activité et de repères, cette habitude est d’autant plus précieuse. Certaines postures de yoga (torsions, pawanmuktasana) ont également montré leur intérêt pour relancer le péristaltisme.
Écouter son corps
Ne jamais retarder l’envie d’aller à la selle : ignorer ce signal répété entraîne une désensibilisation du rectum. Adoptez une position accroupie légère (rehausseur sous les pieds, type Squatty Potty) pour faciliter l’évacuation en alignant mieux le côlon.
Situations particulières : grossesse, voyage et constipation sévère
Certains contextes rendent la constipation plus fréquente ou plus délicate à gérer.
Pendant la grossesse, la progestérone ralentit naturellement le transit. Les suppléments de fer prescrits aggravent souvent le problème. Les solutions de première intention restent les mêmes : fibres, hydratation, marche. En cas de grosse constipation chez une femme enceinte, le lactulose ou les suppositoires à la glycérine sont considérés comme sûrs, mais demandez toujours l’avis de votre médecin ou sage-femme avant de prendre quoi que ce soit.
En voyage ou en altitude, la déshydratation, le changement d’alimentation et le décalage horaire perturbent le transit. Emportez des pruneaux, maintenez votre hydratation et, si besoin, un sachet de macrogol (Forlax, Movicol) sans ordonnance.
Face à une constipation sévère avec blocage, l’utilisation ponctuelle d’un lavement ou d’un suppositoire à la glycérine peut débloquer la situation rapidement. Ne laissez pas la situation durer plus de cinq jours sans agir.
Quand et comment recourir aux laxatifs
Les laxatifs ne sont pas tous équivalents. Voici les grandes familles à connaître :
- Les laxatifs osmotiques (macrogol, lactulose) : ils retiennent l’eau dans l’intestin et sont bien tolérés sur le long terme.
- Les laxatifs de lest (psyllium, méthylcellulose) : ils augmentent le volume des selles, à prendre avec beaucoup d’eau.
- Les laxatifs stimulants (bisacodyl, séné) : efficaces rapidement, mais à réserver à un usage ponctuel car ils peuvent créer une dépendance intestinale.
- Les laxatifs lubrifiants (huile de paraffine) : à éviter chez la personne âgée en raison du risque de fausse route.
Consultez un médecin si la constipation dure plus de trois semaines, s’accompagne de sang dans les selles, de douleurs abdominales intenses, d’une perte de poids inexpliquée ou d’une alternance constipation-diarrhée. Ces signes peuvent indiquer une pathologie nécessitant un bilan.
FAQ : vos questions sur la constipation
Comment débloquer la constipation rapidement ?
Un suppositoire à la glycérine ou un mini-lavement en pharmacie agit en 15 à 30 minutes. En parallèle, boire un grand verre d’eau tiède et marcher une vingtaine de minutes stimule le réflexe intestinal. Le macrogol en sachet reste l’option médicamenteuse la plus douce pour une action dans les 24 heures.
Quel est le meilleur laxatif naturel ?
Le pruneau arrive en tête : il combine fibres solubles et sorbitol, une substance à effet laxatif naturel. Les graines de lin moulues (1 cuillère à soupe dans un verre d’eau), le psyllium et l’eau riche en magnésium sont également très efficaces et bien documentés.
Quelle boisson boire quand on est constipé ?
L’eau reste prioritaire, idéalement une eau minérale magnésienne. Le jus de pruneaux, le café (qui stimule le côlon chez certaines personnes) et les bouillons chauds favorisent aussi le transit. Évitez l’alcool et les sodas qui déshydratent.
Que faire en cas de constipation psychologique ?
Le stress et l’anxiété bloquent littéralement l’intestin via le système nerveux entérique. En plus des mesures diététiques, des techniques de relaxation (cohérence cardiaque, sophrologie) ou une psychothérapie brève peuvent aider. Dans les cas sévères, certains antidépresseurs à faible dose sont prescrits pour régulariser le transit fonctionnel.
Quel remède de grand-mère fonctionne vraiment ?
Une cuillère à soupe d’huile d’olive à jeun le matin, les pruneaux trempés la veille au soir, ou une tisane de mauve sont des remèdes traditionnels qui ont une base scientifique réelle. Ils sont sans danger et peuvent s’utiliser régulièrement en complément d’une alimentation équilibrée.
La constipation est rarement grave, mais elle dégrade la qualité de vie. En combinant hydratation, fibres et activité physique, la plupart des épisodes se résolvent en quelques jours. Si ce n’est pas le cas, ne tardez pas à consulter : mieux vaut un avis médical rapide qu’une situation qui s’aggrave inutilement.



